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Comment se rappelle-t-elle la figure d'Alberione?
J'avais une
grande confiance en lui. J'ai été maîtresse de novices et il y avait parfois
des cas de jeunes que je lui remettais. Il était toujours modéré et vite.
Pour moi et pour la personne que j'essayais de diriger, il avait toujours un
mot de confiance, une parole de Dieu : "Faisons ce qu'il nous dit". (…)
Moi, je suis
entrée dans la Maison avec une confiance aveugle en lui, parce que les sœurs
préposées au recrutement vocationnel dans mon village ainsi que mes parents
avaient déjà une grande confiance en lui; ils parlaient beaucoup de lui. Nous
aussi, nous l'appelions "le Théologien". Donc, la confiance était déjà née à
ce moment-là.
Il y a aussi
beaucoup d'autres choses. Par exemple, à Milan, Sœur Michelina était morte.
Mère M. Gesualda, qui était vicaire générale à l'époque, reçut un appel
téléphonique du Primo Maestro qui lui dit: "En ce moment, sœur Michelina est
allée au paradis". Mère. M. Gesualda voulait lui poser une question, mais il
répéta : "Prions, prions". Dix minutes plus tard, la supérieure de Milan
téléphone à M. Gesualda et lui dit : "Je vous communique que sœur Michelina
est décédée il y a dix minutes". Elle est restée figée. Mère M. Lucia était
en voyage parce qu'elle savait que l'état de santé de sœur Michelina était
grave.
M. Gesualda
vient me trouver et me dit : "Écoute, le Primo Maestro m'a dit que sœur
Michelina est décédée. Après, les sœurs me téléphonent et disent qu'elle est
vraiment décédée". Je lui ai dit : "Téléphonez au Primo Maestro et
demandez-lui qui le lui a dit et comment il a su que sœur Michelina était
morte". Elle téléphona et le Primo Maestro lui répondit : "Oui, oui, elle est
allée au paradis, prions, prions"; et il ne lui a pas donné de réponse. Nous
savons que sœur Michelina avait dit au Primo Maestro qu'elle avait très peur
du jugement de Dieu, et il lui avait donné une réponse réconfortante : "Reste
tranquille, je serai proche de toi à ce moment-là".
Il parlait
souvent de l'apostolat, du travail, de l'organisation. Il faisait les
méditations à toutes les semaines. Une fois, il nous dit : " Orienter la vie
seulement vers Dieu, vers l'éternité, se préparer à une sainte mort". Une
fois, il est venu en Argentine avec sœur M. Cormariae. Je l'ai ensuite
accompagné en avion de Buenos Aires au Brésil parce qu'on ne pouvait pas le
laisser seul. C'était un avion de ligne mais pas un boeing puissant. L'avion
branlait. Il avait le bréviaire en main et il était un peu comme ci comme ça.
Je lui donnais ses médicaments à une heure ou à l'autre. À un moment donné,
tandis que l'avion branlait, il relève la tête et me dit :" Écoute donc, cet
avion est-il suffisamment sûr?". Pour le rassurer, je lui dis : "Oui, oui,
ici, on monte seulement si les avions sont en ordre". "Ah ça va, si tu le
dis, ça va ", et il a continué à prier. J'ai des souvenirs très simples de
lui. Nous sentions qu'il était comme notre père, notre supérieur et nous le
respections beaucoup.
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Vous souvenez-vous de quelques thèmes de la prédication
d'Alberione sur lesquels il insistait beaucoup?
Il avait le
sens du paradis, "bénédiction". Même si on lui écrivait une longue lettre, il
répondait : "Je prie pour toutes, bénédiction", et c'est tout. Il avait aussi
des phrases sculpturales : "Constitutions, Jésus eucharistique, Marie très
sainte… que valent les choses de la terre… tout passe". Il était l'homme des
"fins dernières". C'est un saint. Et nous pouvons nous sanctifier comme lui
parce qu'il ne nous a jamais demandé des choses extraordinaires, mais
seulement la fidélité à l'ordinaire. Il était l'homme du concret, piémontais,
nous sommes piémontais, avec les pieds par terre, un peu trop parfois. Il y
eut une période où Don Alberione nous disait : "l'Évangile seulement; de côté,
tous les autres livres", parce que des livres de visionnaires circulaient.
Ainsi nous a-t-il mis au pied du mur pendant un certain temps. Ensuite, si
une personne avait un peu de sel dans la tête, elle s'orientait. Il nous
voulait sur l'essentiel. Il voulait que nous voyions Dieu dans toutes les
choses. Cela m'a semblé, certes, la chose la plus belle.
Tecla Molino
(Née le
15-12-1919 à Ferrere d'Asti (AT), elle est entrés en Congrégation à Alba le
10-4-1933. Après un période en France (1936-1938) pour la propagande, elle a
fait le noviciat en 1939-1940, la première profession en 1940 et la profession
perpétuelle en 1946).
(Dans
Choses nouvelles et Choses anciennes, Témoins de la Famille Paulinienne, Du
trésor de notre histoire, par Vito Spagnolo, 2000).
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