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Mon
souvenir de Don Alberione
Ma première
rencontre avec Don Alberione porte la date du 7/12/1957, jour de mon entrée
dans la congrégation à Alba. Je baignais dans mes larmes à cause du
"détachement du monde". La communauté de la Maison mère était rassemblée pour
la récollection mensuelle animée par le Primo Maestro. J'ai participé
moi aussi, mais je ne me souviens pas du tout du contenu de la méditation, je
pleurais trop! Je me souviens seulement de l'impression énorme suscitée en
moi par cette mince figure de prêtre qui scrutait en profondeur ses auditrices
attentives.
À Rome, rue
Portuense, à partir du noviciat, c'était assez facile de le rencontrer - à
l'improviste, à n'importe quelle heure du jour, la cloche sonnait, l'annonce
circulait que "le Primo Maestro était là", et nous nous dirigions en
hâte vers la salle d'étude ou vers la crypte pour entendre sa parole.
Mais à l'été
1964, il arriva quelque chose qui me concernait directement. J'avais terminé
l'École normale d'instituteurs et, selon les dispositions de M. M. Lucia
Ricci, j'entrais en relation avec l'Institut d'enseignement Maria Assunta pour
commencer des études pédagogiques. M. M. Lucia m'appela avec une autre sœur
et elle nous dit " je sais que je vous demande une obéissance qui est une
folie humainement parlant, mais je suis la première à obéir. J'ai soumis le
programme de vos études au Primo Maestro. Comme réponse, il m'a dit :
Veux-tu comprendre que tu dois préparer des sœurs médecins en prévision de
l'éventuelle Clinique pour les prêtres? Autant de sœurs médecins qu'il y aura
de spécialisations, peut-être sept".
Les timides
tentatives de M. M. Lucia pour expliquer que les études que nous venions de
terminer ne nous permettaient pas d'accéder à la Faculté de Médecine (alors,
il fallait avoir le baccalauréat, ou scientifique ou classique); que même en
nous appliquant au maximum, la chose était presque impossible parce qu'il y
avait différentes matières à présenter à l'examen qui étaient toutes nouvelles
pour nous.
Le Primo
Maestro était déterminé. De toute façon, nous devions nous préparer,
passer l'examen du baccalauréat dès que possible et nous inscrire en
Médecine. Et tout se passa comme il avait prévu : quelques mois de
préparation, de novembre à juin, puis l'examen. Tout fut accompagné
d'innombrables actes de foi dans l'obéissance à Dieu manifestée à travers Don
Alberione.
La nouvelle de
la promotion me rejoint à la maison des Exercices à Ariccia, à la fin de
juillet, alors que je me trouvais en vacances, c'est-à-dire que j'aidais les
sœurs. Le Primo Maestro faisait une de ses nombreuses retraites; je
m'approchai de lui quand il sortait de la chapelle et je lui fis part de ma
promotion. Il sourit et dit "Remercions le Seigneur, disons un Ave Maria à
la Madone; remercions aussi le Signor Maestro. Va de l'avant avec
confiance!" Et les miracles continuèrent : le 11 novembre 1971, 15 jours
avant la mort de Don Alberione, j'avais mon doctorat! Et aujourd'hui… la
pension aussi!
21 mars 2003
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