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Je
rencontrai le Primo Maestro pour la première fois en 1950 lors d'une de ses
visites à Alba. Je l'avais déjà vu lorsqu'il nous faisait des méditations,
mais jamais de si proche. Ce fut une rencontre très brève, quasi occasionnelle
pour moi, puisque j'accompagnais une sœur qui lui apportait une commission.
J'eus
immédiatement l'impression, mieux, la certitude, de me trouver devant un
saint, un prêtre en qui Dieu vivait, et à partir de cette rencontre, ma
vénération et mon affection filiale pour le Fondateur grandirent de plus en
plus.
Pour moi, sa
parole fut toujours vive et pénétrante, immédiatement convaincante. On sentait
qu'il communiquait la "parole de Dieu". C'est pourquoi, même s'il revenait
sur les mêmes vérités dans ses méditations, elles ne se répétaient pas et
elles ne m'ont jamais fatiguée.
Personnellement, je sentais que sa parole allait droit au cœur, à la volonté,
et qu'elle véhiculait une conviction qui n'était pas le fruit de la réflexion
qui suivait, mais je crois, d'une communication abondante de lumière et de
grâce qui arrivait par lui, communication certainement préparée par beaucoup
de prière et de foi.
* * *
En 1950, les
Sœurs Disciples avaient ouvert le premier Centre d'Apostolat Liturgique dans
un local très modeste, place Esquilino à Rome. Par la suite, on avait
emménagé dans un autre plus vaste que nous avions remis complètement à neuf.
Pour des raisons inhérentes à des questions du propriétaire de l'immeuble,
nous devions quitter peu de temps après. Il n'était pas facile d'en trouver
un autre dans les environs, selon le désir du Primo Maestro qui avait dit
explicitement: - votre place est à Sainte Marie Majeure.
Chaque
recherche était vaine. Un immeuble entier nous fut offert, on pensa en
négocier l'acquisition puisqu'il pouvait se prêter à différentes activités.
Je fus chargée d'apporter au Primo Maestro les indications et les photos de
l'immeuble en question. Je me souviens bien qu'au terme de la présentation
que je lui avais faite avec un certain enthousiasme, il me demanda avec calme
- un peu froid? :
-
D'ici (en indiquant l'immeuble sur la photo), est-ce qu'on
voit Sainte Marie Majeure?
Sa question
m'étonna un peu et je répondis : on la voit un peu en sortant, pas directement
de ce point-ci. Il ajouta :
-
Essayez de négocier.
Je rapportai
tout à Madre Maestra qui me fit immédiatement remarquer :
-
Je pense que nous ferons rien, cette réponse fait
comprendre que nous n'y sommes pas encore arrivées.
Cependant, on
essaya de négocier, mais il y eut aussitôt tellement obstacles que nous avons
compris de ne pas aller plus loin. On chercha encore, toujours dans les
environs de la Basilique et on trouva finalement un immeuble, rue Liberiana.
De là, on voyait très bien la Basilique! Les difficultés à surmonter furent
nombreuses; à un moment donné, on croyait devoir y renoncer encore, mais le
Primo Maestro nous exhorta à aller de l'avant. Et nous sommes arrivées à une
conclusion. Peu de temps après, nous avons pu agrandir, tel que nous le
voyons aujourd'hui.
* * *
Le Primo
Maestro était très respectueux envers tous; il avait une profonde sensibilité
humaine
Un jour qu'il
arriva à l'improviste rue Portuense, il demanda Madre Maestra, mais en
ajoutant : si elle est occupée, j'attends.
Certes, Madre
Maestra quittait immédiatement son travail pour entendre ce que le Primo
Maestro avait à dire; mais d'autres fois, j'eus l'occasion de remarquer son
comportement. Par exemple, une fois, on m'envoya le trouver pour lui soumettre
quelque chose que nous devions décider. Avant de se prononcer, il voulut
s'assurer :
-
Madre Maestra, qu'en dit-elle, qu'est-ce qu'elle voit de
mieux?
Après, il
donna son opinion, sa parole directive.
* * *
Lorsqu'il
était invité à notre Maison générale pour célébrer à l'occasion de la fête de
sainte Lucie, il acceptait volontiers. Il faisait les souhaits à sa manière à
lui, même en lançant de nouvelles initiatives, et en nous guidant toutes à
nous établir de mieux en mieux dans notre propre vocation.
Invité à
visiter l'exposition des travaux que les sœurs préparaient pour la
circonstance, on remarquait son contentement et sa satisfaction, surtout s'il
constatait de petits progrès. Il souriait et il avait des mots
d'encouragement à aller toujours de l'avant, et cela, même si, selon ses
habitudes, il n'avait pas de démonstrations particulières d'enthousiasme.
(15 janvier
1973)
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